Le répertoire
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Chansons et comptines 1 morceau
- Frère Jacques
Traditionnel (France, XVIIIe siècle)
La chanson que tout le monde a chantée un jour, en France et bien au-delà. Sous son air tout simple, c’est une leçon de composition : chaque phrase est dite deux fois, tout tient sur un seul accord, et la chanson marche en canon, chacun partant deux mesures après l’autre.
Fêtes et saisons 1 morceau
- Ce n’est qu’un au revoir (Auld Lang Syne)
Air traditionnel écossais, paroles françaises de Jacques Sevin (1882-1951)
Un air écossais que Robert Burns a rendu célèbre en 1788, chanté partout pour se dire au revoir, au Nouvel An comme en fin d’année. Sa mélodie n’a que cinq notes (la gamme pentatonique) et ses paroles françaises se posent naturellement sur le rythme : un bon modèle, et une belle façon de finir l’année ensemble.
Musiques de Turquie 2 morceaux
- Kızılcıklar Oldu mu
Türkü anonyme de Thrace (Edirne, Keşan)
Une türkü de Thrace que l’on chante et danse dans toute la Turquie : « Les cornouilles sont-elles mûres ? ». Son groove boiteux compte 9 croches en 2 + 2 + 2 + 3, trois pas courts et un long, comme beaucoup de danses de Turquie et des Balkans. Et elle est dans le makam Uşşak : un mode qui se pose sur La, avec un Si un peu plus bas qu’un Si, un quart de ton que le piano n’a pas.
- Üsküdar’a Gider İken
Türkü anonyme d’İstanbul
La chanson d’Istanbul la plus connue au monde : « En allant à Üsküdar ». Le même air se chante aussi en Grèce, en Bosnie, en Bulgarie ou dans le monde arabe, chaque fois avec d’autres paroles. Les paroles turques racontent avec des images très concrètes : la pluie, le long manteau du secrétaire, le bas couvert de boue. Et son mode (le makam Nihâvent) sonne comme notre sol mineur : il se joue sans quart de ton.
Airs du monde 4 morceaux
- Korobeiniki (Les colporteurs)
Chanson populaire russe (XIXe siècle), sur un poème de Nikolaï Nekrassov (1821-1878)
Une chanson russe de colporteurs, que le monde entier connaît depuis qu’un jeu vidéo l’a reprise. En mineur et pourtant pleine d’énergie : lente, elle est mélancolique ; rapide, elle danse. C’est l’exemple parfait pour sentir ce que le tempo et le groove changent à une mélodie.
- Greensleeves
Traditionnel (Angleterre, XVIe siècle)
Une chanson anglaise vieille de plus de quatre cents ans, qu’on reconnaît dès les premières notes. En la mineur et à trois temps, elle n’est pas triste : elle est tendre, un peu mystérieuse. Écoute le Sol dièse de la fin des phrases, qui tire la mélodie vers La, la note maison.
- Bella ciao
Chant des partisans italiens (1943-1945), paroles anonymes, air traditionnel
Le chant des résistants italiens de la Seconde Guerre mondiale, devenu un hymne à la liberté chanté dans le monde entier. Il est en ré mineur et s’accompagne avec trois accords : ré mineur (la maison), sol mineur (le voyage) et La 7 (le retour, qui appelle ré mineur). Son accroche, « o bella ciao, bella ciao », revient dans chaque couplet.
- Drunken Sailor
Chant de marins traditionnel (Angleterre, XIXe siècle)
Un chant de marins anglais qu’on chantait pour hisser les voiles en rythme. Il est en Ré dorien, un mineur avec un Si naturel qui lui donne son air de fête, et il tourne sur deux accords seulement, Ré mineur et Do. Le couplet et le refrain ont la même mélodie : c’est l’accompagnement qui doit les distinguer.
Musique classique 9 morceaux
- Ode à la joie
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Le thème de la 9e symphonie (1824), devenu l’hymne de l’Europe. Ses huit premières mesures n’utilisent que cinq notes, de Do à Sol, et avancent presque uniquement par pas : la preuve qu’une grande mélodie n’a pas besoin de sauter partout.
- La Lettre à Élise (le début)
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Une petite pièce pour piano de 1810, connue dans le monde entier. Tout part d’un motif de deux notes voisines qui se balancent (Mi, Ré dièse, Mi, Ré dièse), comme une hésitation, puis se répond à lui-même. Un modèle de motif court, reconnaissable dès la première seconde.
- Menuet en sol
Christian Petzold (1677-1733), longtemps attribué à Jean-Sébastien Bach
Le menuet qu’apprennent presque tous les pianistes, copié en 1725 dans le cahier d’Anna Magdalena Bach. Ses deux moitiés commencent pareil : la première s’arrête sur La, en suspens, la seconde rentre sur Sol, la note maison. Et dès le début, un petit dessin est redit un cran plus haut.
- La Marche turque
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Le « Rondo alla turca » (1783), où Mozart imite la musique des janissaires ottomans, le mehter, qui fascinait alors toute l’Europe. Son début est une leçon de développement : un petit motif qui tourne autour d’une note, redit de plus en plus haut, jusqu’au sommet.
- Le Printemps : la ritournelle (Les Quatre Saisons)
Antonio Vivaldi (1678-1741)
Le début du « Printemps » (1725), le concerto le plus joué de Vivaldi. Une petite phrase joyeuse est jouée fort, puis redite tout doucement, comme un écho ; une deuxième phrase fait la même chose. Répéter un motif en écho, fort puis doux, c’est le moyen le plus simple de le faire durer sans lasser.
- Symphonie du Nouveau Monde : le thème du Largo
Antonín Dvořák (1841-1904)
En 1893, à New York, le Tchèque Antonín Dvořák confie au cor anglais ce thème lent et nostalgique, l’un des plus célèbres de la musique. Il tient en 12 mesures et trois phrases : un début dit deux fois, une phrase qui change de hauteur, puis le début qui revient et monte plus haut pour finir. Un modèle de thème présenté simplement, et presque tout entier sur les cinq notes de la gamme pentatonique.
- Une petite musique de nuit (le début)
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
L’ouverture de la sérénade la plus connue de Mozart (1787). La mélodie ne fait que dessiner des accords : les notes de Sol majeur qui montent, puis celles de Ré 7 qui redescendent. Une preuve qu’on peut inventer un thème à partir des trois notes d’un accord.
- Habanera de Carmen (le début)
Georges Bizet (1838-1875), livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy
L’air le plus célèbre de l’opéra Carmen (1875). Avant même que Carmen chante, les violoncelles posent une basse obstinée : la même mesure au rythme de habanera, une danse venue de Cuba, répétée sans fin. Sur ce socle, la voix descend note à note, par demi-tons. Tout le morceau est construit par étages, comme une maquette : une couche qui ne bouge pas, une mélodie qui glisse dessus.
- Dans l’antre du roi de la montagne (le thème)
Edvard Grieg (1843-1907)
Une musique de scène écrite en 1875 pour « Peer Gynt ». Tout le morceau répète ce seul thème de 8 mesures : d’abord tout bas, lent, joué par les violoncelles et les bassons ; puis de plus en plus fort, de plus en plus vite, avec de plus en plus d’instruments, jusqu’à la fin où tout l’orchestre crie. Les notes ne changent presque pas : c’est l’arrangement qui fait monter la tension.